Nous avons le plaisir d’annoncer que le congrès annuel de la SAES 2019 aura lieu à Aix-Marseille Université (campus Schumann à Aix-en-Provence) , les 6, 7 et 8 juin 2019. Le thème du congrès est l’exception.

Comme chaque année, les propositions de communications seront à envoyer aux président(e)s d’ateliers, dont les appels à communications seront publiés sur notre messagerie dans les prochaines semaines. Le bureau de la SAES souhaite que le programme complet des ateliers soit finalisé au plus tard le 1er décembre 2018.

Texte de cadrage :

(Scroll down for the English version)

L’exception

L’exception s’envisage communément dans son rapport à la règle, mais ce rapport dialectique présente en réalité une pluralité de problématiques : l’exception devient exclusion lorsqu’elle est pensée comme écart par rapport à des schémas de pensée dominants et échappe aux classifications, au canon et à l’Establishment. Mais l’exception est aussi le terreau de l’impensable, de l’excentrique et du transgressif, annonciatrice de renouveau et de redistribution. Lorsque le substantif se transforme en adjectif, l’exception adopte même une valence positive : être exceptionnel c’est se situer au-delà des normes en vigueur. S’interroger sur l’exception reviendrait alors à s’interroger sur la différence de manière non taxinomique et non comparative. Ce sont donc toutes ces valeurs et implications de la notion d’exception, et d’autres, que nous espérons voir illustrées dans les différents ateliers.

On imagine sans doute de manière immédiate l’exception dans son rapport à la règle, suivant en cela cette sentence bien connue mais souvent mal conçue : l’exception confirme la règle. Si l’expression tirée du droit latin (Exceptio probat regulam in casibus non exceptis) conçoit l’exception comme impliquant la présence de la règle (on ne pourrait parler d’exception en l’absence de règle), on l’emploie souvent en un sens sensiblement différent : l’exception est prise pour gage de validité de la règle. L’exception se conçoit donc de façon sensiblement différente en droit et dans l’usage commun : elle met à l’épreuve la règle en la testant d’un côté et elle en confirme l’hégémonie ou l’autorité de l’autre. C’est ainsi que l’exception est fréquemment évoquée en contexte juridique et en droits des Etats, par exemple pour interroger l’état d’exception post 9/11 (le Patriot Act de George W. Bush ou Guantanamo Bay [Hussain 2007]) aux Etats-Unis tandis qu’en Europe c’est dans l’espace anglophone que se sont concentrées les clauses d’exception (opt-out clauses) aux normes de l’Union européenne avant que ne survienne avec fracas le Brexit, jugé par certains l’avatar le plus récent et spectaculaire de l’exceptionnalisme britannique.
Emerge de cette dualité ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de l’exception, l’exception se concevant soit comme opposition à la règle qui la confine dès lors au statut d’intrus ou bien comme porteuse en creux des formes en devenir. En toile de fond de cette dualité se trouvent les notions de classement et de classification et leurs répercussions dans l’histoire des sciences et de la médecine. C’est en somme l’interrogation de Canguilhem (1966) au sujet du vivant : « Dans la mesure où des êtres vivants s’écartent du type spécifique, sont-ils des anormaux mettant la forme spécifique en péril, ou bien des inventeurs sur la voie de formes nouvelles ? ». Aussi l’exception incarnerait-elle la forme inventive du « type spécifique » de demain, en avance sur son époque, ou échappant pour un temps aux classifications en cours, à l’image de la découverte de l’ornithorynque par les premiers colons australiens : mi-amphibien, mi mammifère, pondant des œufs et en même temps allaitant sa progéniture, l’animal mettait à l’épreuve tous les cadres classificatoires établis, comme le raconte Eco dans Kant et l’ornithorynque (1999). D’ailleurs, en science, si l’exclusion des phénomènes non pertinents est une prérogative pour la construction d’une théorie scientifique (Luis J. Prieto 1975), c’est souvent sur la reconsidération du non-pertinent relégué en marge de la théorie que naissent de nouvelles théories, à l’instar des théories du chaos nées de la prise en considération de phénomènes (dits non linéaires) regardés jusqu’alors comme des exceptions monstrueuses (Hayles 1990).
L’exception devient dès lors synonyme d’exclusion lorsqu’elle incarne ce qui échappe aux classifications, aux dialectes, aux schémas de pensées ou aux canons dominants. Elle opère alors à l’image de la dialectique du pathologique et du normal mise en évidence par Foucault dans son histoire de la folie ; le fou de l’âge classique est cet « autre » par opposition au « normal » et donc à « l’universel » : « le fou c’est l’autre par rapport aux autres : l’autre – au sens d’exception – parmi les autres au sens de l’universel » (1972, 199). Mais dès lors qu’on la pense comme ce qui nous met « sur la voie de formes nouvelles », on échappe au « placement » du normal au centre dans une forclusion de l’exception. Serait-il possible de penser l’exception ou la différence « de façon non distinctive, non comparative, non taxinomique » comme le suggère Marielle Macé (2016, 96) ? C’est à dire, pour reprendre ses exemples, un fou pour lui-même et non à l’aune du sain d’esprit ? Dans un autre domaine, l’homosexualité ne pourrait-elle pas se penser en dehors de son contraste avec l’hétérosexualité ? Transposée à la langue, ce serait penser « l’infraction » linguistique non pas dans un écart par rapport à une certaine norme (toujours multiple) mais comme « reconnaissance des virtualités inscrites dans la langue » (Gardes Tamine 2010), sauf à penser que l’exception ne correspond qu’à un stade de la théorisation linguistique, en attente d’une théorie plus large à même de l’englober et d’en rendre un jour compte. L’exception rencontre donc les notions d’establishment et la dialectique insider/outsider qui lui est attachée. Elle pose les questions de l’énumération et de l’inclusion/exclusion : de même que le protestantisme et le puritanisme se sont interrogés sur les adiophora ou choses « indifférentes » non expressément mentionnées dans la Bible, le 9e amendement de la Constitution américaine mentionne les droits qui ne sont pas spécifiquement énumérés, l’exception devenant aussi un mode d’interprétation et de lecture des textes fondateurs de la tradition théologico-politique anglo-saxonne.
Mais il y a plus dès que l’on transforme le substantif en adjectif : l’exceptionnel, ce n’est pas celui qui est « en-deçà » de la norme mais bien « hors norme », qui jouit d’un statut d’exception au sens de singularité suprême. On pourrait ici parler des destins d’exceptions, de vies exceptionnelles ou originales, de singularités méritant récits de vie, d’œuvres résolument inclassables, de fous littéraires frappés de génie créateur – on peut penser aux films ou biopics mettant en scène des savants d’exception, comme John Nash dans A Beautiful Mind de 2001 (traduit par Un Homme d’exception), ou encore à Stephen Hawking ou Alan Turing. Mais le destin exceptionnel, puisant parfois dans l’insularité, peut aussi être celui auquel croit une nation qui l’interprète alors comme une source d’exemplarité, qu’il s’agisse d’une Grande-Bretagne cultivant son excentricité ou une Amérique qui s’est souvent pensée élue, portée par une « destinée manifeste » en se construisant comme la first new nation (Lipset 1963) ou qui a pu par exemple affirmer, en parlant du socialisme, « it didn’t happen here » (Lispet and Marks, 2000). Le paradoxe de l’exception se situant là dans l’idée que se donner comme modèle c’est prendre le risque d’être imité et de perdre en exceptionnalité.
Penser envers et contre le « normal », l’attendu, l’éprouvé, le banal c’est une manière de se dé-centrer, de se dé-territorialiser (thinking outside the box) qui permet de mettre à l’épreuve les classements, les canons, les styles, les mouvements littéraires et esthétiques, les croyances. « To take exception to » c’est aussi s’offusquer, c’est s’indigner de. En effet, la production des savoirs s’expose au risque de l’asphyxie si elle n’a pas, régulièrement, l’audace de penser contre : contre les sentiers battus, contre les orthodoxies, contre les routines intellectuelles qui fossilisent l’esprit et marginalisent l’apport académique. Accueilli dans la Provence qui vit Zola et Cézanne nouer leur amitié, ce congrès est l’occasion de réfléchir aux imprévus, aux innovations, aux perturbations des connaissances conventionnelles. Rejet des académismes, usages de la transgression, surgissement de l’impensable : l’exception refuse l’exemption de l’examen critique.
Le congrès accueillera avec plaisir des contributions susceptibles de réfléchir à la façon dont les principes sont établis et pris en défaut. Cela pourra permettre de saisir comment les ruptures de style et de sens s’imposent dans la création littéraire et artistique ou dans la traduction. Comme l’indique par exemple Henri Meschonnic, « traduire entre dans le travail incessant qui change les formes littéraires d’une société ». Cela entraîne une réflexion sur le rôle et la position de l’artiste ou du penseur, comme le souligne le critique écossais Alex Thomson (2017) : « All [our] writers are outsiders ». Cela sera l’occasion de réfléchir au statut particulier de la « règle de l’exception » en didactique, ou encore cette règle qui fait qu’un standard soit susceptible de normer l’idiome et d’en borner limitativement les écarts. L’on pourra également interroger et mettre à l’épreuve la croyance, portée par chaque espace civilisationnel, selon laquelle le collectif est unique et à nul autre pareil.

Sandrine Sorlin
En collaboration avec Marie-Odile Hédon
Pour le comité d’organisation Aix 2019

Bibliographie
Canguilhem, Georges. 2013 [1966]. Le normal et le pathologique 1966. Paris : PUF coll. Quadrige, 2013.
Eco, Umberto. 1999. Kant et l’ornithorynque. Trad. Julien Gayrard. Paris : Grasset.
Foucault, Michel. 1972. Histoire de la folie à l’âge classique. Paris : Gallimard.
Gardes Tamine, Joëlle. 2010. La Stylistique. Paris : Armand Colin, 3e ed.
Hayles, N. Katherine. 1990. Chaos Bound. Orderly Disorder in Contemporary Literature and Science. Ithaca & Londres: Cornell University Press.
Hussain, Nasser. 2007. « Beyond Norm and Exception : Guantánamo ». Critical Inquiry, Vol. 33, No. 4: 734-753.
Lipset, Seymour M. 1963. The First New Nation. The United States in Historical and Comparative Perspective. New York: Basic Books.
Lipset, Seymour M. & Gary W. Marks. 2000. It Didn’t Happen Here. Why Socialism Failed in the United States. New York: W. W. Norton & Co.
Meschonnic, Henri. 1973. Pour La poétique II. Paris : Gallimard.
Prieto, Luis J. 1975. Pertinence et pratique. Essai de sémiologie. Paris : Editions de Minuit.
Macé, Marielle. 2016. Styles. Critique de nos formes de vie. Paris: Gallimard.
Thomson, Alex. Quoted in S. Hames. 2017. “Narrating Devolution: Politics and/as Scottish Fiction”. C21. Literature: Journal of 21st-century Writings, 5(2): 1–25. DOI: https://doi.org/10.16995/c21.20

English version:

Exception(s)

Exceptions are usually conceived of in relation to rules but in fact a wide range of issues arises from this dialectical relationship: exception turns into exclusion when it is construed as embodying a deviation from dominant schemas of thought, as eluding classification, as not fitting the canon or as going against the Establishment. But addressing what constitutes an exception means addressing the unthinkable, eccentric or transgressive, that may herald potential renewal and redistribution. When the noun is turned into an adjective, it even takes on a positive connotation: to be ‘exceptional’ is to be situated beyond the norms in force. Would thinking about exceptions in such a way imply thinking of difference in non-taxonomic, non-comparative terms? We hope the rich notion of exception will lead the different panels to explore these values and implications (among others).

When we think of ‘exceptions’, we are likely to associate them immediately with ‘rules’, in accordance with the famous, often ill-conceived saying, ‘the exception that proves the rule’. This expression comes straight from Latin law (Exceptio probat regulam in casibus non exceptis) and although it conceives of the exception as necessarily implying the existence of a rule (we cannot speak of the exception without mentioning the rule it relates to), it is often used with a slightly different meaning: the exception is regarded as proving the validity/soundness of the rule. It is thus interpreted differently when used in common law than in common sense: it tests the rule on the one hand and confirms its hegemony or authoritativeness on the other. In legal contexts or in state law for instance, the notion has been used to question exceptional post-9/11 legislation in the US (George W. Bush’s Patriot Act, Guantanamo Bay [Hussain 2007]) or the opt-out clauses for the United Kingdom (among other countries) in European law. In this respect, Brexit appears as the latest and most dramatic instance of British exceptionalism.
What arises from such duality might be called the ‘paradox of exception’, exceptions being regarded as either breaking the rules, thereby acquiring the status of ‘odd ones out’, or sowing the seeds of future forms. The notions of classification and categorisation, and their repercussions on the history of science and medicine, emerge against the backdrop of this duality. This essentially corresponds to Canguilhem’s question regarding the living: “To the extent that living beings diverge from the specific type, are they abnormal in that they endanger the specific form or are they inventors on the road to new forms?” (1991, 141). The exception could therefore be held as the inventive form of the ‘specific type’ of tomorrow, ahead of its time, providing a temporary escape from all existing classifications.  The platypus discovered by the first European settlers in Australia is a prime example: this semi-aquatic mammal, which lays eggs but suckles its young, upset all the established classificatory frameworks, as Eco recounts in Kant and the Platypus (1999). Furthermore, even though it is a prerogative of science to exclude all irrelevant phenomena when constructing a scientific theory (Luis J. Prieto 1975), reconsidering these elements relegated to the margins of theory often results in new theories.  Hence chaos theory was developed thanks to the observation of phenomena (referred to as ‘nonlinear’) which had previously been considered monstrous exceptions (Hayles 1990).
‘Exception’ becomes synonymous with ‘exclusion’ when it refers to that which escapes any classification, dialect, thought pattern or established canon. In this context, it evokes the dialectic of pathology and norm which Foucault discussed in his history of madness. In the classical age, the madman was the ‘other’, in opposition to the ‘norm’ and therefore the ‘universal’: “the madman is the other in the eyes of others: the other  meaning, the exception amongst others in the universal sense” (1972, 199). But if we construe exception as leading ‘towards new forms’, normality need no longer be synonymous with centrality, nor exception with marginality. Might it be possible to construe the notions of exception or difference “in a non distinctive, non comparative and non taxonomic manner”, as Marielle Macé has suggested (2016, 96)? Would it be possible, to use her own examples, to conceive of a madman in and of himself, without reference to the norm of sanity? In a different field altogether, can we think of homosexuality without contrasting it with heterosexuality? When applied to language such an approach would mean that linguistic ‘infractions’ could be seen, not as departures from a norm (which is always multifaceted), but rather as “acknowledgements of the virtual possibilities inscribed in language” (Gardes Tamine 2010). Unless, of course, we believe that exceptions exist merely as a stage in the process of linguistic theorising, only to be brought into the fold later by a broader theory. The notion of exception therefore engages with that of the Establishment, and with the dialectic of insider/outsider to which it is linked. It questions the notions of enumeration and of inclusion and exclusion. In the same way as Protestantism and Puritanism questioned the adiophora or ‘indifferent’ things which were not expressly mentioned in the Bible, the 9th amendment of the American Constitution mentions those rights to which it does not specifically refer; the notion of exception thus becomes an interpretative framework for the fundamental texts of the theologico-political tradition of the English-speaking world.
Furthermore, when we transform the noun into an adjective, being exceptional is not about failing to meet the norm, but about stepping outside of the norm, enjoying an exceptional status in the sense of supreme singularity. We could speak here of exceptional destinies, exceptional or original lives, singularities which deserve to be turned into life stories, but also resolutely unclassifiable works, and literary madmen struck by creative genius. Films or biopics featuring exceptional scientists, such as John Nash in A Beautiful Mind (2001), Stephen Hawking or Alan Turing, provide some examples. Besides, an exceptional destiny, sometimes drawn from insularity, can also be the belief of a nation that interprets it as a source of exemplarity. Hence Great Britain has cultivated its eccentricity while America, the Elect nation with a ‘manifest destiny’, has fashioned itself as the first new nation (Lipset 1963) that could claim, for instance when referring to socialism, “it didn’t happen here” (Lipset and Marks 2000). Exception has its paradoxes: to offer oneself as a model is to risk being imitated and therefore losing one’s exceptional status.
Thinking outside the box, or working against what is considered ‘normal’, what is expected or banal, is a de-territorialisation, a de-centering which challenges easy classifications; it challenges the canon, as well as belief systems, styles, and literary and aesthetic movements. The phrase ‘to take exception to’ implies being offended or indignant. And indeed, the academy risks running out of steam if it lacks the courage to think differently, to plough its own furrow, against orthodoxies and intellectual routines which ultimately fossilize thought and marginalize the very production of knowledge. This conference takes place in Provence, where Zola and Cezanne met and became friends. We might want to follow their lead and reflect upon the unexpected or the impromptu, to dwell on formal, aesthetic and intellectual innovations which initially appear to oppose conventional knowledge. The concept of exception rejects academic conformity. It welcomes, even clamours for, the kind of critical re-examination that favours the emergence of the unthinkable and transgressive.
The conference will welcome contributions which reflect on the ways that rules are established and undermined, in order to uncover how art, literary works and translations can break up stylistic and/or semantic conventions. As Scottish critic Alex Thomson (2017) puts it, “all [our] writers are outsiders”. This goes for our translators, too, if one is to believe Henri Meschonnic (1973), who writes that, “translating is part of the ceaseless process of changing society’s literary forms”. In the field of didactics, this principle would invite us to re-examine the particular status of ‘the rule of exception’ and, more generally, the rule according to which a standard variety can embody the norm and impose what deviations are. We hope that the conference will also question the assumption that civilizations believe their collective spaces to be both unique and inimitable.

Translated by Aurélie Ceccaldi, Marie-Odile Hédon, Anne Page, Laurence Sterritt, Sandrine Sorlin. Revised by Alice Byrne.

Bibliography
Canguilhem, Georges. 1991. The Normal and the Pathological. Trans. Carolyn R. Fawcett in collaboration with Robert S. Cohen. New-York, Zone Books.
Eco, Umberto. 1999. Kant et l’ornithorynque. Trad. Julien Gayrard. Paris : Grasset.
Foucault, Michel. 1972. Histoire de la folie à l’âge classique. Paris : Gallimard.
Gardes Tamine, Joëlle. 2010. La Stylistique. Paris : Armand Colin, 3e ed.
Hayles, N. Katherine. 1990. Chaos Bound. Orderly Disorder in Contemporary Literature and Science. Ithaca & Londres: Cornell University Press.
Hussain, Nasser. 2007. « Beyond Norm and Exception : Guantánamo ». Critical Inquiry, Vol. 33, No. 4: 734-753.
Lipset, Seymour M. 1963. The First New Nation. The United States in Historical and Comparative Perspective. New York: Basic Books.
Lipset, Seymour M. & Gary W. Marks. 2000. It Didn’t Happen Here. Why Socialism Failed in the United States. New York: W. W. Norton & Co.
Meschonnic, Henri. 1973. Pour La poétique II. Paris : Gallimard.
Prieto, Luis J. 1975. Pertinence et pratique. Essai de sémiologie. Paris : Editions de Minuit.
Macé, Marielle. 2016. Styles. Critique de nos formes de vie. Paris: Gallimard.
Thomson, Alex. 2017 in  Hames, S 2017 Narrating Devolution: Politics and/as Scottish Fiction. C21 Literature: Journal of 21st-century Writings, 5(2): 2, pp. 1–25, DOI: https://doi.org/10.16995/c21.20