Les membres de la 11e section du CNU, réuni·es en assemblée générale le 9 septembre 2025, ont voté une motion pour alerter la profession sur l’impact de la situation politique et juridique aux États-Unis sur les carrières des universitaires en études anglophones et plus largement sur les attaques contre les libertés académiques.
Depuis, la situation s’est encore dégradée. L’offensive contre les institutions scientifiques s’est poursuivie et intensifiée. Coupes budgétaires, gels de crédits, licenciements massifs, enquêtes et censure idéologiques visant les individus jugé·es trop « woke » ou antifascistes, arrestations sur les campus, durcissement des politiques migratoires, intimidation et répression ont profondément ébranlé l’écosystème scientifique états-unien. Ces attaques répétées ont mené un nombre croissant de collègues exerçant aux États-Unis à quitter le pays, et à solliciter la sauvegarde de certaines bases de données essentielles à leurs travaux en Europe.
Le monde universitaire en France et en Europe est aussi la cible d’attaques. Les conditions matérielles d’exercice ne cessent de se dégrader, conséquence directe du sous-financement chronique de l’université publique. Le droit d’étudier pour tous·tes est remis en cause par l’introduction de droits d’inscription différenciés. Du point de vue de la recherche, des résultats scientifiques établis sont minimisés, voire niés, les humanités sont méprisées, le droit est instrumentalisé par des procédures bâillons, des colloques sont annulés par le pouvoir politique, des chercheur·ses sont attaqué·es. Dans ces conditions, ce sont non seulement les libertés académiques qui sont bafouées, mais c’est aussi la vérité scientifique, pilier de la démocratie, qui recule.
Les membres de la 11e section refusent de laisser ces attaques se normaliser et appellent à se mobiliser pour défendre les libertés académiques, du fait du rôle essentiel qu’elles jouent pour l’avenir de nos sociétés démocratiques.
34 oui (83%)
7 non (17%)
8 nppv