Les membres de la 11ème section du CNU, réuni·es le 1er juillet 2026, expriment leur profonde indignation face à la situation budgétaire des universités françaises et leur opposition ferme à toute remise en cause du principe républicain et démocratique d’un enseignement supérieur public, accessible à toutes et tous. Depuis plus d’une décennie, les universités fonctionnent avec des moyens toujours plus insuffisants. Cette dégradation est aujourd’hui visible partout : multiplication des universités placées en procédure de retour à l’équilibre financier (9 en 2025, 14 en 2026), dégradation des fonds de roulement, baisse des investissements, gel de postes, recours accru aux emplois précaires et impossibilité d’assurer l’ensemble des missions de service public.
Or, le rapport des Assises du financement des universités, présenté le mercredi 24 juin 2026 lors d’une conférence de presse, propose d’augmenter considérablement les droits d’inscription pour les porter à 900€ en licence et à 1 300€ en master, pour l’ensemble des étudiant·es, avec le risque, à terme, de voir ces frais alignés sur ceux qui s’appliquent désormais aux étudiant·es extra-communautaires, à hauteur de 2 900€ en licence et de 3 900€ en master. Il propose en outre de modifier en profondeur le système de bourses pour le remplacer par un système de prêts bancaires nécessairement inégalitaire qui endettera sur le très long cours les étudiant·es, comme le montrent les exemples britannique et américain. Enfin, il aggrave les inégalités entre les établissements en généralisant le recours aux “contrats d’objectifs, de moyens et de performance” (COMP) à hauteur de 100% du budget des universités.
Faire payer aux étudiant·es le choix politique du sous-financement chronique des universités publiques orchestré depuis des années revient à transférer la responsabilité de l’État vers les familles et à conditionner l’accès à l’enseignement supérieur à leurs origines sociales. Par ailleurs, les COMP assujettissent les budgets des universités aux injonctions des rectorats et creusent les inégalités entre les établissements.
Les membres de la 11ème section du CNU réclament donc un plan pluriannuel de financement permettant de répondre durablement aux besoins des universités sans que celles-ci ne soient soumises à une logique néolibérale court-termiste. Ils et elles exigent que soient préservées leurs missions de formation et de recherche, l’indépendance de leurs travaux, et que soit garantie l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur. Ils et elles appellent l’ensemble de la communauté universitaire et les pouvoirs publics à engager un véritable débat collectif sur les moyens de sauvegarder et de renforcer le service public de l’enseignement supérieur.
Vote : 43 oui, 2 non, 3 nspp