Colloque international

« Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 »

 

Date : 31 mai – 1er juin 2018

Lieu: MSH de Clermont-Ferrand/ Université Clermont Auvergne

 

Comité d’organisation :

Patricia Godi-Tkatchouk, université Clermont Auvergne

Daniel Rodrigues, université Clermont Auvergne

 

Comité scientifique :

Stéphanie Genty, université d’Evry

Patricia Godi-Tkatchouk, université Clermont Auvergne

Nicole Ollier, université Bordeaux Montaigne

Eunice Ribeiro, université de Minho

Daniel Rodrigues, université Clermont Auvergne

Nadia Setti, université Paris 8

 

 

Le colloque international « Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 » organisé par le CELIS (Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique) s’inscrit dans l’axe « Genres littéraires et gender » qui a pour objectif d’articuler les discussions croisées entre les genres artistiques et les études de genre. Il s’inscrit également dans le cadre des commémorations des 50 ans des mouvements de contestation de 1968.

Art d’isoler l’individu et de figer sa représentation dans un temps donné, le portrait s’est affirmé peu à peu comme l’art de l’image du sujet qui s’expose au regard d’autrui ; le portrait (et l’autoportrait) trace ainsi les contours des formes tout en donnant à voir l’âme et la hiérarchie du sujet représenté.

Les artistes de la deuxième moitié du XXe siècle n’ont cessé de revenir au portrait pour mettre en image la condition (et la position) des femmes dans la culture, et ne cessent pourtant de faire résonner d’autres voix-images. Des voix dont le projet est de refaire leur place, de se replacer et de déplacer les discours, fixant le présent contestataire dans lequel elles s’inscrivaient.

Ainsi, le colloque « Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 » se propose-t-il d’analyser les changements (ou les résistances aux changements) des représentations des femmes dans le sillage de l’avènement de la deuxième vague du féminisme.

Nous souhaitons un colloque ouvert aux différentes aires géographiques et linguistiques ainsi qu’aux différentes formes d’art (littérature, cinéma, arts plastiques, bande dessinée, danse, musique…).

 

Le colloque s’articulera autour de trois axes :

 

– Portraits de femmes réinventés par des artistes femmes:

Les arts visuels et la littérature font partie des discours culturels qui, au même titre que la religion, la philosophie, la psychologie ou la psychanalyse, ont véhiculé et transmis une certaine représentation de « la femme », de « la féminité », du « féminin ». La critique littéraire féministe s’est construite en prenant pour objet d’analyse les « images de femmes », comme l’illustrent Thinking About Women de Mary Ellmann ou SexualPolitics de Kate Millett publiés au tournant des années soixante. Cette démarche n’était pas totalement inédite : Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir l’avait inaugurée à l’époque du renouveau féministe après-guerre, en soulevant, avec force ironie et une certaine dose d’irritation, la question « qu’est-ce qu’une femme ? ». Les nouveaux mouvements des femmes devaient donner naissance à un vaste courant critique entreprenant de revisiter l’idéologie de « la féminité » véhiculée par les discours dominants, les représentations et les assignations dans lesquelles les nouvelles générations ne se reconnaissent pas ou plus, auxquelles elles refusent de se conformer et qu’elles vont jusqu’à réfuter radicalement.

De quels portraits de femmes la littérature et les arts permettent-ils l’avènement à une époque où les femmes ont commencé à investir massivement le champ des savoirs et des discours littéraires et artistiques ?

Pourront être abordées la construction d’une nouvelle relation femme/femme, les relations de reconnaissance et de sororité, les relations homosexuelles. Les portraits de femmes réalisés par des femmes nous donnent-ils à voir la construction d’une forme d’art genré-e?

 

– Autoportraits :

Nous souhaitons ici mettre en exergue les représentations de soi où se manifeste la libération de la contrainte d’une représentation passive, sortant même du modèle du « couple » activité/passivité.

Pour les femmes écrivaines ou plasticiennes, l’autoportrait constitue une manière libératrice de se regarder autrement qu’à travers le regard de l’autre, les représentations fabriquées par la culture androcentrée. L’autoportrait, ou l’observation de leur propre vie par les femmes, en libérant la parole et la créativité, pourra proposer un au-delà du portrait réducteur ou anéantissant, la mise en évidence d’une intériorité « de l’amour, de la pensée, de la chair »[1] (Luce Irigaray) défiant le rapport visuel et spéculaire à soi et aux autres. Leur vie mise en récit par les femmes, trait marquant de la culture féministe[2],semble s’accompagner de la mise en valeur d’autres modes de relation à soi et aux autres dont la portée est aussi bien éthique que politique, tout en permettant l’irruption d’une autre écriture, l’exploration de nouvelles voies. On l’observe notamment avec quelques publications emblématiques : Dedans (1969) d’Hélène Cixous, Parole de Femme (1974) d’Annie Leclerc, L’Intérieur des heures (1987) de Chantal Chawaf. La parole et les créations des femmes sont soutenues par des pratiques éditoriales engagées, la fondation de la maison d’édition Des femmes par Antoinette Fouque en 1974, ou, plus récemment, de la collection « Créations au féminin » de Michèle Ramond, comme par des innovations universitaires, la création du premier Centre d’études féminines en France par Hélène Cixous en 1974, la formation de groupes de recherches et d’associations dédiés aux études féminines et de genre.

À une époque où les femmes décident massivement de prendre la parole, quel autre regard proposent-elles sur leur condition, leurs expériences sociales mais également psychologiques, corporelles, relationnelles avec l’homme ou les autres femmes ? En effet, le genre autoportrait étant lui-même l’espace de création où les modèles s’effacent (Michel Beaujour), les différentes formes d’autoportraits, proches ou pas de l’autobiographie et de l’autofiction, ont été l’un des genres privilégiés pour représenter les changements relatifs à la position des femmes dans la culture androcentrée et la société patriarcale. Et que dire des nouvelles générations d’écrivaines, poètes, plasticiennes, dont les œuvres comportent une forte composante autobiographique et genrée, voire même féministe ?[3]

 

– Les portraits de femmes réalisés par des artistes masculins :

D’autre part, la nouvelle place des femmes dans la société n’aurait-elle pas renouvelé la manière de les représenter ? Que dire des portraits de femmes réalisés par les hommes dans les lettres et les arts ? À quelles transformations a-t-on assisté dans les représentations des femmes avec la libération sexuelle ? Comment les portraits de femmes, traditionnellement envisagées  comme objets de désir, ont-ils évolué ? Et que dire de la reconnaissance de la femme artiste, de l’intellectuelle, de la militante ? Face aux évolutions inséparables des mouvements des femmes, on s’interrogera sur le repositionnement du sujet masculin lui-même.

 

Les propositions de communication accompagnées d’un titre et d’une brève présentation bio-bibliographique sont à adresser à Daniel Rodrigues(daniel.rodrigues@uca.fr),et Patricia Godi-Tkatchouk (patriciagodi@orange.fr) avant le 06 janvier 2018. Une réponse sera communiquée dans un délai d’un mois.

 

[1]Luce Irigaray, « Femmes divines », in Sexes et parentés, Paris: Minuit, 1987, p. 76.

[2] Cf. Christine Bard (dir.), Les féministes des  la deuxième vague, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012, p. 14-15.

[3] Cf. Le Nouvel Observateur, n° 2764 du 26 octobre au 1er novembre 2017, « Les femmes contre-attaquent », p. 87-92.

Colloque international

« Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 »

 

Date : 31 mai – 1er juin 2018

Lieu: MSH de Clermont-Ferrand/ Université Clermont Auvergne

 

Comité d’organisation :

Patricia Godi-Tkatchouk, université Clermont Auvergne

Daniel Rodrigues, université Clermont Auvergne

 

Comité scientifique :

Stéphanie Genty, université d’Evry

Patricia Godi-Tkatchouk, université Clermont Auvergne

Nicole Ollier, université Bordeaux Montaigne

Eunice Ribeiro, université de Minho

Daniel Rodrigues, université Clermont Auvergne

Nadia Setti, université Paris 8

 

 

Le colloque international « Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 » organisé par le CELIS (Centre de Recherches sur les Littératures et la Sociopoétique) s’inscrit dans l’axe « Genres littéraires et gender » qui a pour objectif d’articuler les discussions croisées entre les genres artistiques et les études de genre. Il s’inscrit également dans le cadre des commémorations des 50 ans des mouvements de contestation de 1968.

Art d’isoler l’individu et de figer sa représentation dans un temps donné, le portrait s’est affirmé peu à peu comme l’art de l’image du sujet qui s’expose au regard d’autrui ; le portrait (et l’autoportrait) trace ainsi les contours des formes tout en donnant à voir l’âme et la hiérarchie du sujet représenté.

Les artistes de la deuxième moitié du XXe siècle n’ont cessé de revenir au portrait pour mettre en image la condition (et la position) des femmes dans la culture, et ne cessent pourtant de faire résonner d’autres voix-images. Des voix dont le projet est de refaire leur place, de se replacer et de déplacer les discours, fixant le présent contestataire dans lequel elles s’inscrivaient.

Ainsi, le colloque « Portraits et Autoportraits de femmes dans les lettres et les arts post-68 » se propose-t-il d’analyser les changements (ou les résistances aux changements) des représentations des femmes dans le sillage de l’avènement de la deuxième vague du féminisme.

Nous souhaitons un colloque ouvert aux différentes aires géographiques et linguistiques ainsi qu’aux différentes formes d’art (littérature, cinéma, arts plastiques, bande dessinée, danse, musique…).

 

Le colloque s’articulera autour de trois axes :

 

– Portraits de femmes réinventés par des artistes femmes:

Les arts visuels et la littérature font partie des discours culturels qui, au même titre que la religion, la philosophie, la psychologie ou la psychanalyse, ont véhiculé et transmis une certaine représentation de « la femme », de « la féminité », du « féminin ». La critique littéraire féministe s’est construite en prenant pour objet d’analyse les « images de femmes », comme l’illustrent Thinking About Women de Mary Ellmann ou SexualPolitics de Kate Millett publiés au tournant des années soixante. Cette démarche n’était pas totalement inédite : Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir l’avait inaugurée à l’époque du renouveau féministe après-guerre, en soulevant, avec force ironie et une certaine dose d’irritation, la question « qu’est-ce qu’une femme ? ». Les nouveaux mouvements des femmes devaient donner naissance à un vaste courant critique entreprenant de revisiter l’idéologie de « la féminité » véhiculée par les discours dominants, les représentations et les assignations dans lesquelles les nouvelles générations ne se reconnaissent pas ou plus, auxquelles elles refusent de se conformer et qu’elles vont jusqu’à réfuter radicalement.

De quels portraits de femmes la littérature et les arts permettent-ils l’avènement à une époque où les femmes ont commencé à investir massivement le champ des savoirs et des discours littéraires et artistiques ?

Pourront être abordées la construction d’une nouvelle relation femme/femme, les relations de reconnaissance et de sororité, les relations homosexuelles. Les portraits de femmes réalisés par des femmes nous donnent-ils à voir la construction d’une forme d’art genré-e?

 

– Autoportraits :

Nous souhaitons ici mettre en exergue les représentations de soi où se manifeste la libération de la contrainte d’une représentation passive, sortant même du modèle du « couple » activité/passivité.

Pour les femmes écrivaines ou plasticiennes, l’autoportrait constitue une manière libératrice de se regarder autrement qu’à travers le regard de l’autre, les représentations fabriquées par la culture androcentrée. L’autoportrait, ou l’observation de leur propre vie par les femmes, en libérant la parole et la créativité, pourra proposer un au-delà du portrait réducteur ou anéantissant, la mise en évidence d’une intériorité « de l’amour, de la pensée, de la chair »[1] (Luce Irigaray) défiant le rapport visuel et spéculaire à soi et aux autres. Leur vie mise en récit par les femmes, trait marquant de la culture féministe[2],semble s’accompagner de la mise en valeur d’autres modes de relation à soi et aux autres dont la portée est aussi bien éthique que politique, tout en permettant l’irruption d’une autre écriture, l’exploration de nouvelles voies. On l’observe notamment avec quelques publications emblématiques : Dedans (1969) d’Hélène Cixous, Parole de Femme (1974) d’Annie Leclerc, L’Intérieur des heures (1987) de Chantal Chawaf. La parole et les créations des femmes sont soutenues par des pratiques éditoriales engagées, la fondation de la maison d’édition Des femmes par Antoinette Fouque en 1974, ou, plus récemment, de la collection « Créations au féminin » de Michèle Ramond, comme par des innovations universitaires, la création du premier Centre d’études féminines en France par Hélène Cixous en 1974, la formation de groupes de recherches et d’associations dédiés aux études féminines et de genre.

À une époque où les femmes décident massivement de prendre la parole, quel autre regard proposent-elles sur leur condition, leurs expériences sociales mais également psychologiques, corporelles, relationnelles avec l’homme ou les autres femmes ? En effet, le genre autoportrait étant lui-même l’espace de création où les modèles s’effacent (Michel Beaujour), les différentes formes d’autoportraits, proches ou pas de l’autobiographie et de l’autofiction, ont été l’un des genres privilégiés pour représenter les changements relatifs à la position des femmes dans la culture androcentrée et la société patriarcale. Et que dire des nouvelles générations d’écrivaines, poètes, plasticiennes, dont les œuvres comportent une forte composante autobiographique et genrée, voire même féministe ?[3]

 

– Les portraits de femmes réalisés par des artistes masculins :

D’autre part, la nouvelle place des femmes dans la société n’aurait-elle pas renouvelé la manière de les représenter ? Que dire des portraits de femmes réalisés par les hommes dans les lettres et les arts ? À quelles transformations a-t-on assisté dans les représentations des femmes avec la libération sexuelle ? Comment les portraits de femmes, traditionnellement envisagées  comme objets de désir, ont-ils évolué ? Et que dire de la reconnaissance de la femme artiste, de l’intellectuelle, de la militante ? Face aux évolutions inséparables des mouvements des femmes, on s’interrogera sur le repositionnement du sujet masculin lui-même.

 

Les propositions de communication accompagnées d’un titre et d’une brève présentation bio-bibliographique sont à adresser à Daniel Rodrigues(daniel.rodrigues@uca.fr),et Patricia Godi-Tkatchouk (patriciagodi@orange.fr) avant le 06 janvier 2018. Une réponse sera communiquée dans un délai d’un mois.

 

[1]Luce Irigaray, « Femmes divines », in Sexes et parentés, Paris: Minuit, 1987, p. 76.

[2] Cf. Christine Bard (dir.), Les féministes des  la deuxième vague, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012, p. 14-15.

[3] Cf. Le Nouvel Observateur, n° 2764 du 26 octobre au 1er novembre 2017, « Les femmes contre-attaquent », p. 87-92.